Le Train jaune de Cerdagne : préparer le voyage
Entre Villefranche-de-Conflent et Latour-de-Carol, le Train jaune traverse les Pyrénées catalanes sur deux ouvrages d'art spectaculaires. Ce qu'il faut savoir de la ligne, de ses voitures découvertes et de la manière d'en faire un vrai voyage.
Le Train jaune est l’une de ces lignes que l’on emprunte pour elles-mêmes. Il relie Villefranche-de-Conflent, au pied du Canigou, à Latour-de-Carol, en Cerdagne, en remontant la vallée de la Têt puis en franchissant le col de la Perche. Le trajet est lent, souvent bondé en été, et c’est l’un des plus beaux de France. Ce guide décrit ce que l’on voit et comment préparer le voyage.
Une ligne de montagne à voie étroite
La ligne de Cerdagne a été construite au début du vingtième siècle pour désenclaver les villages du haut plateau. Elle est à voie métrique, plus étroite que le réseau ordinaire, et alimentée par un troisième rail, ce qui lui permet de grimper des pentes fortes et de suivre au plus près le relief. Sur une soixantaine de kilomètres, elle passe d’environ quatre cents mètres d’altitude à plus de mille cinq cents mètres.
Elle dessert en chemin la gare de Bolquère-Eyne, présentée comme la plus haute gare du réseau ferré national, et une série de petites haltes d’où partent des sentiers de randonnée. C’est ce qui en fait un vrai moyen de transport pour les marcheurs, et pas seulement une attraction.
Les deux ouvrages à ne pas manquer
Le premier est le viaduc Séjourné, un pont en maçonnerie à deux étages d’arches qui franchit la Têt près de Fontpédrouse. Le second, un peu plus haut, est le pont Gisclard, un pont suspendu ferroviaire dont les câbles tendus au-dessus du vide surprennent quand on le découvre depuis le train. Les deux se voient mieux d’un côté de la voiture que de l’autre : en montant, on gagne à s’installer du côté de la vallée.
Les voitures découvertes
À la belle saison, certaines rames comportent des voitures ouvertes, sans vitres, qui font la réputation de la ligne. On y voyage en plein air, au-dessus des gorges, et c’est la façon la plus impressionnante de passer les deux ponts. Il faut en revanche s’habiller en conséquence : même en juillet, l’air est vif au-delà de mille mètres, et un coupe-vent n’est jamais de trop.
Organiser le trajet
La ligne est exploitée dans le cadre du réseau régional. Les horaires changent entre l’été et le reste de l’année, et la fréquentation estivale est telle que l’affluence se gère d’avance : les conditions de réservation, quand il y en a, se vérifient auprès de l’exploitant avant de partir. En dehors de juillet et août, le train est beaucoup plus calme, et le plateau cerdan en automne est l’un des plus beaux moments pour le voir.
Pour un vrai voyage, nous conseillons de ne pas faire l’aller-retour dans la journée depuis la côte, mais de dormir sur le plateau et de redescendre le lendemain. Latour-de-Carol est par ailleurs un nœud ferroviaire où arrivent d’autres lignes, ce qui permet de construire un itinéraire en boucle à travers les Pyrénées sans jamais prendre la voiture.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le trajet complet ?
Compter de l’ordre de trois heures pour l’ensemble de la ligne, en raison des nombreux arrêts et de la vitesse limitée en montagne. Les horaires exacts se consultent auprès de l’exploitant.
Peut-on monter avec un vélo ?
Les conditions d’accueil des vélos dépendent du matériel et de la période, et la place est limitée en été. Il faut se renseigner avant le départ plutôt que de compter sur une place à bord.
Quelle est la meilleure période ?
L’été pour les voitures découvertes, le début de l’automne pour la lumière et le calme. En hiver, le train traverse des paysages enneigés, mais les voitures ouvertes ne circulent pas.
Le Train jaune convient-il aux enfants ?
Oui, à condition de prévoir le temps : le trajet est long et lent. Descendre à une halte intermédiaire pour une courte balade rend souvent la journée plus agréable.